Le 25 mars est une date qui a de multiples résonnances dans la vie de saint Jean Eudes, jusqu’à vouloir relier à ce jour les événements de sa propre vie et les grandes dates des mystères du salut. En effet pour lui, le 25 mars est le mémorial de l’incarnation du Fils de Dieu et en elle est contenu tout notre salut.

L’Annonciation du Seigneur est le point focal vers lequel tout converge et d’où tout découle. La venue dans la chair de l’Un de la Trinité énonce en elle-même notre salut et l’établit de manière irréversible : le choix de Dieu est de se donner sans retour pour la vie en plénitude de sa créature, enfermée dans sa faiblesse et son péché, en la rejoignant dans sa condition. Le choix de Dieu est le don total de lui-même en notre faveur, par son Fils unique ; c’est le choix de la miséricorde, pleine révélation du visage du Père.

Dans la continuité du vœu de servitude qu’il prononça en 1624 à l’invitation du P. Pierre de Bérulle, Jean Eudes choisit ce jour du 25 mars 1637 pour rédiger et signer de son sang le vœu du martyre. A l’image de Jésus, Jean Eudes désire se donner sans retour et s’offrir pour le salut du monde, pour vivre la mission sans y mettre d’obstacle. Sa contemplation du mystère du Christ dans la lettre aux Hébreux est la source de sa propre offrande : « Aussi, en entrant dans le monde, le Christ dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps. Tu n’as pas agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché ; alors, j’ai dit : Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté, ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre. Le Christ commence donc par dire : Tu n’as pas voulu ni agréé les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les sacrifices pour le péché, ceux que la Loi prescrit d’offrir. Puis il déclare : Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. Ainsi, il supprime le premier état de choses pour établir le second. Et c’est grâce à cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes. » (He 10, 5-10)

Remarquons que Jean Eudes accomplit ce vœu dans l’intimité, sans le porter à la connaissance de ses compagnons ; il le fait au moment où il achève son premier grand ouvrage, « La vie et le Royaume de Jésus dans les âmes chrétiennes », vivant pour lui-même ce qu’il propose pour tous les baptisés : laisser le Christ vivre et régner en eux pour que chacun puisse dire : « ce n’est plus moi qui vis mais le Christ en moi » (Ga 2,20).

Nous mêmes adorons le Vœu du martyre de notre Père Jean Eudes en rendant grâce de l’avoir prononcé et signé de son sang ; rendons grâce de l’avoir vécu par son zèle d’apôtre, par sa vie toute donnée, pour la fécondité de son existence. Nous demandons au Christ par son intercession de choisir nous aussi de nous donner sans nous reprendre, pour être témoins de la miséricorde et hérauts de l’Evangile, dans les lieux où le Seigneur nous envoie.

Vœu de martyre

 

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