Père Hyacinthe Allagbé, c.j.m., président de la célébration et homélie

Références bibliques

Isaïe 22. 19 à 23 : « Il sera un père pour les habitants de Jérusalem et pour la maison de Juda. »

Psaume 138 : » Seigneur éternel est ton amour, n’arrête pas l’oeuvre de tes mains. »
Lette de saint Paul aux Romains. 11. 36 : « Tout est de Lui et par Lui et pour Lui. »
Évangile selon saint Matthieu 16 13 à 20 : » Ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. »

Et Jésus ajoute : « Ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux » : c’est ce que l’on appelle « le pouvoir des clés ». Cela ne veut pas dire que Pierre et ses successeurs sont désormais tout-puissants ! Cela veut dire que Dieu promet de s’engager auprès d’eux. Pour nous, il nous faut et il nous suffit d’être en communion avec notre Église pour être en communion avec Dieu. Si l’on se souvient de la première lecture, cela veut dire aussi que la mission de l’Église est d’introduire les hommes auprès du Père.

Chers amis, nous méditons aujourd’hui la profession de foi de Pierre. Cette profession de foi porte des symboles, non pas de Nicée-Constantinople ou celui des apôtres, (ils seront formulés plus tard), mais le symbole de foi de Césarée. Cette profession est la mère des professions de foi et de l’accueil de notre mission. Jésus en est assez content qu’il va faire de Pierre le 1er des disciples et missionnaires avec le symbole de la clé. Notre foi fait de nous des disciples et missionnaires disposés à nous mettre en service. Dans le symbole de la clé, Jésus institue Pierre comme chef de la gang des appelés. Notre baptême à nous autres en est le symbole.

LA PROFESSION DE FOI DE PIERRE

Si vous l’avez bien suivi, le symbole de clé est apparu d’abord dans la 1ère lecture avant d’être le signe d’investiture de Pierre comme nous l’avons lu dans l’évangile.
Dans la 1ère lecture, on assiste presque à un remaniement ministériel. Nous sommes à la cour de Jérusalem sous le règne d’Ézéchias. Le prophète Isaïe avait déjà annoncé sa naissance en disant : « Voici que la jeune femme est enceinte et va enfanter un fils, elle lui donnera le nom d’Emmanuel » (Is 7, 14).

Shebna fut donc gouverneur du palais de Jérusalem au cours du règne d’Ezéchias (716 – 687). Le poste de gouverneur du palais de Jérusalem était certainement important puisqu’il y avait un véritable rituel d’intronisation au moment de la nomination. Le gouverneur recevait une tunique et une écharpe qui étaient les insignes de sa fonction. Concrètement, parmi les attributions du gouverneur de Jérusalem, figurait le « pouvoir des clés ». Au moment de la remise solennelle des clés du palais royal, il recevait pleins pouvoirs sur les entrées au palais et l’on disait sur lui la formule rituelle : « Je mets sur son épaule la clef de la maison de David : s’il ouvre, personne ne fermera, s’il ferme, personne n’ouvrira. » (Is 22, 22). C’était donc un symbole d’autorité sur le royaume et la marque d’une très grande confiance de la part du roi. Cette charge est donc une marque de confiance qui nécessite une profession de foi. Dans l’évangile Pierre va exprimer cette profession de foi dans la reconnaissance du Messie en ses titres.

Premier titre, le « Fils de l’homme » : une expression sortie tout droit du livre de Daniel, au chapitre 7 : « Je regardais dans les visions de la nuit, et voici que sur les nuées du ciel venait comme un Fils d’homme ; il arriva jusqu’au Vieillard, et on le fit approcher en sa présence. Et il lui fut donné souveraineté, gloire et royauté : les gens de tous peuples, nations et langues le servaient…. » (Dn 7, 13-14). Quelques versets plus loin, Daniel précise que ce Fils d’homme n’est pas un individu solitaire, mais un peuple : « Les Saints du Très-Haut recevront la royauté, et ils posséderont la royauté pour toujours. Quand Jésus s’applique à lui-même ce titre de Fils de l’homme, il se présente donc comme celui qui prend la tête du peuple de Dieu.

Le deuxième titre qui lui est donné ici, c’est celui de « Fils de Dieu ». En langage du temps, c’était exactement synonyme de « Messie-Roi ». Vous vous rappelez qu’à la fin de l’épisode de la marche sur les eaux, ceux qui étaient dans la barque s’étaient prosternés devant Jésus et lui avaient dit : « Vraiment, tu es Fils de Dieu. » Ce jour-là, les disciples ne se sont pas trompés sur le titre ; ils ont bien deviné la véritable identité de Jésus, mais cela ne veut pas dire qu’ils ont parfaitement compris la mission de ce Messie : c’est la puissance de Jésus sur la mer qui les a impressionnés. Il leur reste toute une étape à franchir pour découvrir qui est réellement Jésus.

A Césarée, ce qui est nouveau, c’est que Pierre ne dit pas cela devant une manifestation de puissance de Jésus : au contraire, dans les versets qui précèdent la profession de foi de Pierre, Jésus vient de refuser de donner un signe convaincant aux Pharisiens et aux Sadducéens qui le lui demandaient. Maintenant, une étape est franchie, Pierre est en marche vers la foi. « Heureux es-tu, Simon, fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela (c’est-à-dire tu ne l’as pas trouvé tout seul), mais mon Père qui est aux cieux. »

Ce qui est nouveau aussi c’est aussi la jonction. «Le Messie, le Fils de Dieu. » En Jésus, Dieu se révèle non comme un Dieu de puissance et de majesté, mais comme l’amour livré aux mains des hommes.

Une foi qui s’engage dans la mission de l’Église

Dès que Pierre a découvert qui est Jésus, celui-ci aussitôt l’envoie en mission pour l’Église : « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église » ; cette Église qui sera son corps et constituera avec lui le Christ total, le peuple des saints du Très-Haut dont parlait le prophète Daniel. Et sur quoi le Christ construit-il son Église? Sur la personne d’un homme dont la seule vertu est d’avoir écouté ce que le Père lui a révélé. Cela veut bien dire que le seul pilier de l’Église, c’est la foi en Jésus-Christ.

Dernier motif pour nous rassurer : Jésus dit « JE bâtirai mon Église » : c’est lui, Jésus, qui bâtit son Église. Nous ne sommes pas chargés de bâtir son Église, mais simplement, d’écouter ce que le Dieu vivant veut bien nous révéler. Et, parce que c’est le Christ ressuscité, Fils du Dieu vivant, qui bâtit, nous pouvons en être certains, « La puissance de la mort ne l’emportera pas ».

Le successeur de Pierre ne sera ni plus fort, ni plus impeccable, ni plus intelligent que lui. Mais Jésus lui a promis un charisme spécial : »J’ai prié pour toi afin que ta Foi ne sombre pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » (Luc 22. 32. Et c’est dans une image que Jésus définit ce rôle : »Tu es Pierre et sur ce Roc, cette pierre, je bâtirai mon Église. » C’est une grâce particulière et une grande responsabilité pour Pierre, pour ses successeurs et pour nous qui avons adhéré au Christ.

Nous sommes disciples-missionnaires

Dans le numéro 120 de ‘’La joie de l’évangile’’ le pape François nous exhorte à être disciple missionnaire. Les « disciples-missionnaires » sont ceux qui ont une initiative pour trouver de nouvelles routes et pas seulement pour accueillir: ayant écouté la parole de Dieu, ayant compris la volonté de Dieu, ils inventent de nouvelles routes et n’attendent pas simplement que les gens viennent à eux selon une « pastorale du guichet ».

 

Source principale : paroissesacre-coeur.com

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